EDIFACT retail — Migros, Coop, Denner, Aldi, Lidl, Manor
Bien avant toute régulation d'e-facture, la grande distribution suisse échangeait déjà ses commandes et factures en EDI (Échange de Données Informatisé). Pour le novice : EDIFACT est la « langue » que Migros, Coop et leurs fournisseurs utilisent pour s'envoyer commandes, avis d'expédition et factures, sans aucun papier. Ce rail B2B est le plus ancien et le plus massif de Suisse.
Histoire — EANCOM et le duopole Migros/Coop
La distribution suisse est dominée par deux géants coopératifs, Migros et Coop, qui ont déployé l'EDI EANCOM avec leurs fournisseurs dès les années 1990 pour automatiser la chaîne commande-livraison-facture. Les discounters allemands Aldi Suisse (entrée 2005) et Lidl Schweiz (2009) ont importé leur exigence EDI, généralisant la pratique.
À côté, Denner (groupe Migros), Volg (coopérative agricole fenaco) et le grand magasin Manor complètent le paysage. Tous s'appuient sur le sous-set EANCOM 2002 de GS1 — un héritage stable, parallèle aux débats sur l'e-facture structurée.
Années 90 | Migros et Coop, les deux géants coopératifs de la distribution
| suisse, déploient l'EDI EANCOM avec leurs fournisseurs pour
| automatiser commandes, livraisons et factures.
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2002 | EANCOM 2002 — version de référence du sous-set EDIFACT pour le
| commerce de détail, maintenue par GS1.
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2005-2015 | Généralisation aux fournisseurs : Denner, Volg, plus l'arrivée
| des discounters allemands Aldi Suisse (2005) et Lidl Schweiz
| (2009) qui imposent l'EDI EANCOM dès l'entrée en relation.
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2018-2026 | Coexistence EDIFACT (rail historique B2B retail) + QR-facture
| (paiement) + flux structurés. GS1 Switzerland pousse la qualité
| des données (GTIN, GLN, GDSN/data pool). Gouvernance — GS1 Switzerland
GS1 Switzerland (issue de la fusion de SA2 Worldsync et GS1) gouverne les standards d'identification (GTIN, GLN, SSCC) et les sous-sets EANCOM en Suisse. Elle anime les groupes de travail sectoriels, publie les guides d'implémentation et opère le data pool national pour la synchronisation des données produit (GDSN).
Schéma — ORDERS, DESADV, INVOIC
Le cycle EDI retail enchaîne plusieurs messages EANCOM, chacun référençant le précédent par numéro de commande :
- ORDERS — commande de l'enseigne vers le fournisseur.
- ORDRSP — accusé/réponse de commande (confirmations, ruptures).
- DESADV — avis d'expédition (avec SSCC des colis/palettes).
- RECADV — avis de réception côté entrepôt.
- INVOIC — facture, avec ventilation TVA et GLN des parties.
UNH+ME000001+INVOIC:D:01B:UN:EAN010'
BGM+380+FAC-2026-44219+9'
DTM+137:20260616:102'
NAD+SU+7610000000005::9' ← fournisseur (GLN, code 9 = GS1)
NAD+BY+7611234500004::9' ← acheteur (GLN Migros/Coop)
CUX+2:CHF:4'
LIN+1++7612345678901:SRV' ← article (GTIN-13)
QTY+47:240'
MOA+203:1200.00'
TAX+7+VAT+++:::8.1' ← TVA 8,1 %
MOA+124:97.20'
UNS+S'
MOA+86:2030.21' ← total TTC
MOA+176:105.21' ← total TVA
UNT+15+ME000001' EDIFACT retail vs e-facture structurée
| Dimension | EDIFACT EANCOM | E-facture structurée (UBL/PEPPOL) |
|---|---|---|
| Périmètre | Tout le cycle (commande → facture) | Surtout la facture |
| Syntaxe | EDIFACT (segments) | XML (UBL/CII) |
| Identifiants | GLN / GTIN (GS1) | UID/IDE, PEPPOL ICD 0183 |
| Transport | VAN, AS2, OFTP2 | PEPPOL AS4 / réseau prestataire |
| Usage suisse | Dominant en retail B2B | Croissant, surtout cross-border UE |
Adoption — enseignes et volumes
- Migros + Coop : quasi-totalité des flux fournisseurs en EDI EANCOM — c'est la condition d'entrée en référencement.
- Aldi Suisse + Lidl Schweiz : EDI imposé dès l'ouverture de compte fournisseur, héritage de leurs maisons-mères allemandes.
- Denner, Volg, Manor : EDI répandu, avec capture/portail pour les petits fournisseurs.
- Volumes : plusieurs dizaines de millions de messages EANCOM par an dans le retail suisse (commandes + livraisons + factures).
Pièges courants
- GLN erroné. Un GLN de point de livraison faux route physiquement la marchandise au mauvais entrepôt.
- GTIN hors data pool. Un article dont le GTIN n'est pas synchronisé (GDSN) bloque l'intégration de la commande/facture.
- Mauvaise version EANCOM. Mélanger D.96A et D.01B, ou un sous-set propre à une enseigne, fait rejeter le message.
- Oublier l'avis d'expédition. Beaucoup d'enseignes exigent le DESADV (avec SSCC) avant la facture ; sans lui, la réception ne se rapproche pas.