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À la une PEPPOL BIS Billing 3.0 L’obligation européenne d’e-invoicing arrive : France sept 2026, Belgique janv 2026, Allemagne 2025.

Jordanie — JoFotara, e-invoicing ISTD

JoFotara (الفوترة الوطنية, « la facturation nationale ») est le système national d'e-invoicing de la Jordanie, opéré par l'Income and Sales Tax Department (ISTD — دائرة ضريبة الدخل والمبيعات) avec le ministère de l'Économie numérique et de l'Entrepreneuriat (MDEE). Il repose sur un modèle de clearance : chaque facture est transmise et validée par l'ISTD, qui renvoie un UUID et un QR code, avant d'être délivrée à l'acheteur. Lancé en décembre 2022 sur base volontaire, il est devenu obligatoire par vagues entre 2024 et 2025.

Timeline réglementaire

  • 2018-2019 — socle légal. La loi sur l'impôt sur le revenu nº 38 de 2018 (art. 23) impose l'émission d'une facture originale ; le règlement de facturation nº 34 de 2019 cadre les obligations de facturation et de conservation.
  • 2021 — conception. L'ISTD développe le système national de facturation électronique (NBS / JoFotara) avec le MDEE.
  • Décembre 2022 — lancement volontaire. Mise en service de JoFotara ; pilote ouvert d'abord aux grands contribuables, sur base volontaire.
  • 2023-2024 — Phase 1, enrôlement obligatoire des grands contribuables. L'ISTD notifie les contribuables ciblés et exige l'intégration. Échéance de bascule obligatoire pour les premiers segments courant 2024.
  • Octobre 2024 — relances de conformité. L'ISTD émet des avis pressant les contribuables de finaliser enregistrement et intégration.
  • 1ᵉʳ avril 2025 — Phase 2, généralisation. L'e-invoicing via JoFotara (ou un système intégré agréé) devient obligatoire pour la quasi-totalité des assujettis ; le règlement de facturation amendé nº 2 de 2025 entre en vigueur. Seules les factures émises via JoFotara sont déductibles fiscalement.
  • 2025-2026 — onboarding progressif des PME/TPE. Élargissement par paliers ; calendrier précis des derniers segments à confirmer auprès de l'ISTD.

Schéma technique

JoFotara repose sur un document XML conforme à UBL 2.1 (Universal Business Language d'OASIS, le même socle que PEPPOL BIS). Le profil jordanien restreint et adapte UBL aux types de documents fiscaux locaux.

  • Types de documents : factures de revenu (income invoice), factures de vente (general sales), factures de vente spéciales, factures simplifiées et avoirs (credit notes).
  • Transport : l'XML UBL est transmis à l'API ISTD encapsulé/encodé (base64) dans une enveloppe JSON. La documentation marketing parle souvent de « XML encrypté en JSON » : il s'agit de l'encodage de transport, pas d'un chiffrement de bout en bout.
  • Identifiants : chaque facture porte un UUID ; l'émetteur et l'acheteur sont identifiés par leur numéro fiscal (tax number) ISTD. Un seuil de 10 000 JOD conditionne l'obligation de renseigner les coordonnées détaillées de l'acheteur sur certains types de factures.
  • QR code : retourné par l'ISTD après validation, il doit figurer sur la facture remise à l'acheteur et permet la vérification publique de l'enregistrement.
  • Authentification : chaque contribuable reçoit un client ID et une secret key de l'ISTD pour s'authentifier sur l'API directe.

Flux de soumission

JoFotara est un modèle de clearance (CTC, Continuous Transaction Control) : la facture n'est juridiquement valide qu'après validation par l'ISTD, contrairement à un simple reporting a posteriori.

  1. Génération. L'ERP/logiciel de l'émetteur produit la facture en XML UBL 2.1.
  2. Soumission. Le document est transmis à l'API JoFotara, authentifié par client ID + secret key.
  3. Validation temps réel. L'ISTD contrôle structure, identifiants et cohérence fiscale.
  4. Retour cachet. Si conforme, l'ISTD renvoie l'UUID validé et le QR code.
  5. Délivrance. La facture (QR code apposé) est remise à l'acheteur ; seules les factures ainsi validées sont fiscalement déductibles.

Les contribuables sans ERP intégré peuvent saisir/émettre manuellement via le portail web portal.jofotara.gov.jo.

Validation

Pièges courants

  1. Croire que JoFotara est un simple reporting. C'est un modèle de clearance : sans UUID et QR code retournés par l'ISTD, la facture n'est pas valide fiscalement et n'ouvre pas droit à déduction.
  2. Confondre « encodage JSON » et chiffrement. Le document reste un XML UBL 2.1 ; l'enveloppe JSON/base64 n'est qu'un transport. Construire un vrai UBL conforme, pas un JSON ad hoc.
  3. Oublier le QR code sur la facture remise. Le QR retourné par l'ISTD doit figurer sur la copie client ; une facture sans QR validé est rejetée en contrôle.
  4. Mal gérer le seuil de 10 000 JOD. Au-delà, les coordonnées détaillées de l'acheteur deviennent obligatoires sur certains types de factures.
  5. Sous-estimer le calendrier d'enrôlement. Les vagues 2024-2025 ciblent des segments précis ; vérifier sa date d'obligation auprès de l'ISTD plutôt que de supposer un report. Le détail des derniers paliers PME reste à confirmer.
  6. Penser qu'un secteur est exempté. L'ISTD a indiqué qu'aucun secteur ni type d'entité n'est exempté à terme.

Liens transverses